juin 2017

Web et vidéos : et si on essayait de ne pas faire n’importe quoi ?

Je trouve l’outil vidéo magnifique et je suis enchantée de voir la production audiovisuelle se démocratiser. En même temps, je m’interroge sur le contenu créé et partagé. Est-il réellement créateur de valeur ? J’en doute….

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Vive la démocratisation de la production audiovisuelle !

Anciennement réservé à une élite (technicité trop lourde et matériel trop onéreux) réaliser ses propres films est désormais possible pour quasiment n’importe qui.

J’adore cette idée. Accessibilité, équité, inclusion, partage, bien commun, auto-gestion, autonomie… tout autant de belles valeurs chères à mon petit cœur !

La vidéo : un outil de pollution massive ?

D’un côté on a donc un outil fun et nouveau qui nourrit nos besoins de partage, d’expression et d’exploration et de l’autre un outil au potentiel de pollution du net insoupçonné.

Je m’explique.

La théorie du promoteur immobilier

Le promoteur immobilier est une espèce légitimée et très repandue dans nos sociétés. Son job : vendre des espaces construits ou à construire. Tant que c’est constructible et qu’il y a de la place tu peux y aller ! Peu importe que les constructions aient un impact négatif énorme sur l’environnement, que les prix ne permettent aucune mixité sociale, que dans 10 ans la population locale baisse d’un quart, qu’il n’y ait aucune biodiversité dans l’offre proposée (à quelque chose près, ce sont les même appartements, pour les même prix)… Tant qu’il y a de la place, il fonce.

Pour moi, la vidéo sur internet c’est pareil. On en produit et on en publie. C’est facile et ça coûte rien. On ne se prive de rien. Mais est-ce vraiment pertinent ?

Prendre soin du média vidéo… et des internautes

La vidéo est un outil et une ressource incroyable, mais comme n’importe quel objet, son caractère fantastique réside dans la manière dont on l’emploi. Pourquoi je l’utilise ? Personnellement (et je m’excuse à l’avance, je n’ai pas encore trouvé de formulation à la fois neutre et juste pour moi) selon moi 90% du contenu vidéo disponible en ligne ne produit rien de pertinent.

MAIS entre le dernier clip de Rihanna, les chatons, les pubs et les rediffusions de Cyril Hanouna tout un chacun peut glisser quelques utilisations prometteuses…(j’aurais presque envie de dire “le reste c’est Bullshit” mais je suis formée en Communication Non Violente, je peux plus me permettre et puis certaines productions artistiques valent quand même le détour…)

Voici quelques pistes que j’ai isolées au cours de mon exploration…

3 critères pour faire/repérer des vidéos pertinentes

1 - L’intention première est de créer de la valeur et non de te vendre quelque chose. Quand je décide de faire une vidéo, quelle est mon intention première ? Que le gars qui la visionne achète ou que ça l’inspire, que ça le touche ? Ça peut facilement sembler être la même chose, avec une tournure de phrase différente. C’est là où l’intention est précieuse. Employée avec sincérité et précision, elle va infuser toute la démarche et déterminer l’ensemble de la posture.
2 - Du soin apporté à la forme afin d’honorer le fond. Souvent il y a des personnes géniales qui partagent des contenus géniaux dont on a du mal à s’emparer par manque de qualité. Techniquement, il existe plein de petites astuces pour tous les budgets, qui peuvent permettre d’augmenter la qualité technique et prendre soin de l’internaute : gérer un peu la lumière pour éviter une image est « brouillon », utiliser un micro pour que ce soit facile à suivre, soigner un peu le cadrage pour que ce soit agréable à regarder…
3 - La précision du rythme et la structuration du propos. L’idée : rendre le contenu plus efficace, accessible et enthousiasmant. Cette posture permet par exemple de faire en sorte que l’information arrive tout de suite (j’évite le générique d’introduction de 30s et je fais en sorte qu’en 10s on soit dans le sujet), que la promesse du titre soit respectée (si j’annonce que je vais parler de l’éthique de mon projet je ne parle pas de la genèse !) ou encore que ce soit accessible (si j’ai bien préparé mon propos, la construction est logique, fluide et maîtrisée. Il y a Pédagogie.).

Les utilisations à explorer

La vidéo pour “se présenter” au lieu de “communiquer”

On pourrait aussi dire se proposer au lieu de s’imposer. Entraînons-nous à la réciprocité (à nous présenter, à proposer, à inviter…) au lieu de l’unilatéralité (communiquer). C’est bien plus doux et bienveillant, mais surtout ça laisse le spectateur dans sa souveraineté : il sait déjà ce qui est bon pour lui.

“Et si on essayait de passer de “Allez ! Achètes mon Truc c’est le meilleur”   à “Voilà ce que je fais, si ça t’inspire viens.” ?

La vidéo pour “témoigner” plutôt que “briller”

L’image est un média génial pour se rencontrer… dans la mesure où l’intention est l’authenticité. Aussi, plutôt que de s’arranger pour que tout soit lisse et parfait pourquoi ne pas s’arranger pour transmettre le subtil : mimique, énergie, voix, regard, intonation… toutes ces petites choses qui témoignent un peu plus qui nous sommes “vraiment” ?

La vidéo pour former et transmettre

Par définition, former c’est créer de la valeur. Utiliser la vidéo pour transmettre des connaissances gratuitement ou à petit prix et une belle façon d’honorer son potentiel. C’est aussi un moyen vertueux de rassembler une communauté singulière autour de soi via la création de contenu qualitatif…

PS : voici un grand challenge a relever ! Moi-même je n’y parviens pas toujours. Aussi si le sujet te parle et qu’il te vient l’envie de l’explorer avec moi, y’re welcome !