La curiosité discrète au service de la diversité

Ou comment suivre des comptes Twitter et Youtube de personnes transgenres, homosexuelles, handicapées… m’aide à abaisser ma posture et accueillir la diversité.

diversité des tronches

Avant-propos - l’autre n’est pas là pour m’éduquer

Margot, créatrice de la chaîne Youtube Vivre Avec a récemment très bien expliqué cette idée.

Elle a partagé un tweet qui disait :

Quand est-ce que “rendez la parole aux concerné·e·s” s’est transformé en “si vous avez un doute n’allez surtout pas chercher la réponse vous même et allez plutôt faire chier un·e concerné·e avec vos questions.”

Et elle a ajouté :

Je ne sais pas si vous vous rendez compte de l’immensité de boulot gratuit que les personnes minorisées font sans arrêt. Perso j’en ai à peine pris conscience et j’essaie activement de le réduire, ça a un impact sur ma santé sans même me permettre de payer mes factures. Quand on me poke sur twitter pour avoir mon avis sur un cas, qu’on m’envoie un message pour que je fasse une étude sur telle ouvrage ou film problématique (…) c’est soit passer du temps à travailler à la place de personnes qui auraient pu faire leurs recherches et réfléchir par elles-mêmes, ou me concentrer sur du travail qui m’aidera personnellement ou paiera les factures. (…).
Le tweet en entier par ici

Importuner l’inconnu : l’exemple avec la transidentité

Je ne connais pas de personnes transgenres et j’en croise rarement. Mais lorsque j’en croise, systématiquement je me sens curieuse. Je suis intriguée.

Trop peu de diversité dans mon entourage fait que la différence est marquante quand elle se présente.

Autant je suis ok avec mon sentiment de curiosité suscité par l’inconnu ou le peu connu, autant ce qu’il a tendance à m’inciter à faire m’exaspère : poser des questions, regarder de façon insistante, dévisager, sourir, me crisper, éviter…

Ce constat s’opère aussi pour les personnes handicapées, queer, homoparentales…

Du contenu généreux et consenti

J’ai creusé sur internet et j’ai découvert que de nombreuses personnes “minorisées” produisent chaque jour, du contenu généreux et consenti dans lequel elles racontent gracieusement qui elles sont et ce qu’elles vivent.

“Je m’appelle Margot et je suis atteinte d’une maladie du tissu conjonctif, le syndrome d’Ehlers Danlos. Ces vidéos me permettent de parler de mon quotidien, dédramatiser la maladie et ouvrir les gens à la différence.” (Extrait de la présentation de la chaîne Youtube de Margot)

Grâce à leur travail, je peux désormais à la fois nourrir sans contrainte ma curiosité et mon besoin de compréhension (discrètement et sans importuner personne) et me relier à la pluralité des individus.

Toucher du doigt la diversité

Mais toute cette matière m’apporte beaucoup plus que des réponses à mes questions.

La diversité intègre peu à peu mon quotidien
Je suis de moins en moins interpellée face à la différence. Je ne suis plus étonnée et la curiosité se transforme peu à peu en intérêt et envie d’apprendre et de connaître pour m’allier.

L’empathie
Je prends la mesure des difficultés que les personnes transgenres, hanidcapées, homosexuelles, non-binaires… rencontrent dans la société actuelle et ma posture change.

La prise de conscience de mes privilèges
Je cerne un peu mieux mes biais. Je prends la mesure de mes privilèges et je tente d’abaisser ma posture. Je ressens l’élan de parler moins et d’écouter plus pour tenter (à ma mesure et en restant à ma place) à minima, de créer un minimum de situation d’oppression et à maxima de contribuer concrètement à plus d’inclusivité et de diversité.

PS : Je crois pouvoir prendre la mesure du travail que nécessite la création de toute cette matière (vidéo, articles, tweet), aussi merci de consacrer du temps pour ça. Je souhaite vivement que vous gardiez l’élan de continuer à faire bouger les lignes et nous aider à être/devenir de meilleur·e·s allié·e·s.