Code of Conduct #2 - Quelques arguments en faveur

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Argument n°1 - Prenons conscience de nos statuts de privilégié·e·s pour prendre soin de celles et ceux qui ne le sont pas.

Imagine. Je suis un homme blanc de 40 ans hétérosexuel qui a “une bonne situation” (j’ai pas de difficultés financières, je peux partir en vacances et manger varié). Tout ça fait que je fais partie de la poignée de privilégiés. Ce contexte de privilèges fait que je suis en haut de la pyramide. Aussi je vis rarement des situations d’oppression. Rien “ne me tombe dessus”, j’ai rarement de problèmes (agressions, blagues blessantes sur ma couleur de peau, mon orientation sexuelle…). Quand quelqu’un·e me raconte une situation d’oppression qu’il·elle a vécu, il n’est pas rare que je réponde un truc du genre « ben non, moi ça m’est jamais arrivé» ou que lorsque ça arrive, c’est tellement rare que je ne prends pas la peine de relever.

De fait, je ne peux pas voir vraiment conscience de l’impact de certaines de mes paroles/attitudes/comportements puisque je ne les vit pas (autrement dit, j’en suis rarement la cible) qui peuvent blesser des personnes qui elles le vivent au quotidien.

Argument n°2 - Prendre soin des communautés sous-représentées parce que “par définition” elles sont susceptibles d’être oppressées

Extrait du Code Of Conduct de SudWeb 2018

Dans chaque groupement, collectif ou rassemblement, il y a une culture dominante principale et des personnes qui n’appartiennent pas à cette culture. Ces personnes sont donc sous-représentées dans le contexte, et naturellement, elles sont plus susceptibles d’être « oppressées » par la communauté principale. Souvent, cette oppression se manifeste par des comportements ou attitudes blessantes adoptées sans s’en rendre compte.

Ici, les consignes de sécurisation des interactions permettent de créer un contexte « safe » pour celles et ceux qui sont sous-représenté·e·s en mettant en lumière une problématique.

Imaginons-les comme un principe de précaution qui permet d’anticiper des situations pouvant aller de l’inconfortable à l’oppressif pour certain·e·s, inhérentes à un contexte.

En adoptant ces consignes, nous cherchons à établir un lien de confiance et de soin pour inviter celles et ceux qui sont sous-représenté·e·s à intégrer la communauté en toute tranquillité, dans l’objectif d’encourager et promouvoir la diversité.

Argument n°3 - Ce n’est pas parce que je n’ai jamais eu vent d’oppression qu’il n’y en a pas eu ou qu’il n’y en aura pas

Comme je le disais plus haut, en tant que privilégié·e·s on est moins souvent victimes d’oppressions. De fait, comme on ne les vit pas (ou moins) on y est moins attenti·f·ve·s. On ne les voit/perçoit pas forcément. Mais cela ne signifie pas pour autant que ces oppressions ne sont pas présentes.

A l’inverse, quand on ne fait pas partie des privilégié·e·s, on subit régulièrement des oppressions. Et malheureusement, rares sont les fois où “quelque chose se passe” quand ça arrive. Aussi, à force, on s’y habitue sans relever. C’est désagréable mais ça devient “habituel” ou “attendu” en quelque sorte.

Un Code of Conduct permet de mettre de la lumière sur des oppressions qu’on ne remarque pas en tant que privilégié·e·s et d’offrir la possibilité à celles et ceux qui les subissent de sortir du statut quo.

Argument n°4 - Je peux avoir des comportements blessants sans m’en rendre compte.

En tant que privilégié·e·s on pense souvent être “conscient·e” et sensible à ces postures d’oppression : “je suis pas machiste moi !; “Je suis pas raciste moi !”, “Je suis pas validiste moi…!”. Mais en fait peut-être que non. Je pense même ne pas trop me tromper en affirmant que Non. Parce qu’en tant que blanche je ne suis pas noire, en tant qu’homme, je ne suis pas femme (dans le contexte cis-genre traditionnel), en tant que valide je ne suis pas handicapé·e.

Or, c’est justement lorsqu’on affirme ne pas être un·e oppresseu·r·se que c’est le plus complexe. Ca sous-entend que la remise en question et l’empathie sont plus difficiles et ceci rajoute une posture oppressive implicite liée au fait que ce que la personne oppressée ressent a de forte chance de ne pas être entendu.

Résultat : en plus de subir une première oppression, cette dernière devra subir le fait de ne pas être crue et, par dessus le marché, devoir faire tout le travail d’explication et d’empathie.